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Lu, Vu, Entendu - CONCLUSION D'ENQUETE APRES L'ACCIDENT FERROVIERE

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AuteurMessage : CONCLUSION D'ENQUETE APRES L'ACCIDENT FERROVIERE
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Catastrophe ferroviaire : Mvouba tient le coupable !
(Mwinda 28/06/2010)

Les enquêtes sont très rapides au Congo quand il s’agit de catastrophe ferroviaire ayant occasionné des dizaines de morts. La preuve, Mvouba, ministre des Transports, lors d’une conférence de presse qu’il a tenue jeudi 24 juin (l’accident s'est produit dans la nuit du 21 au 22 juin) a affirmé, catégorique : « Le conducteur se trouvait en état d'ébriété et l'accident est dû à la vitesse excessive, d'après l'enquête préliminaire (…) Sur les lieux de l'accident, les voies sont en bon état et la locomotive marchait correctement ».

(...) « En effet, le train voyageur, appelé train rapide océan 1 (Roc 1), hyper chargé de monde et de marchandises, a quitté la gare centrale de Pointe-Noire, à 18h, pour Brazzaville. La rame, tractée par une locomotive Cc achetée en Afrique du Sud, était composée de six voitures voyageurs et quatre fourgons. Le conducteur du jour, Miyalou Moungondo, qui avait à ses côtés un conducteur retraité de la Comilog, en contrat à durée déterminée avec le C.f.c.o, roulait à vive allure, depuis le départ du train. Avant d’arriver à la gare de Tchitondi, le conducteur a brulé le carré n°1, en entrant à vive allure en gare. C’était, déjà, un mauvais signe pour les passagers à bord. Etait-il en état d’ébriété ? En tout cas, contre toute attente, à peine le train avait parcouru 63 km, l’irréparable s’est produit, à 20h45. Abordant le virage à vive allure, au lieu où se trouve l’aiguille de déviation, vers le carré n°1, à l’entrée de la gare de Yanga, la locomotive et la première voiture se sont découplés du reste de la rame (...) »

Circulez donc, il n y a rien à voir ! Aussitôt dit aussitôt fait : les trains (toujours aussi bondés ?) circulent à nouveau entre Brazzaville et Pointe-Noire, au grand bonheur des Congolais.

Posons tout de même un petit problème de calcul pour nos écoliers du primaire, de classe CE1, suivant les informations livrées ci-dessus par notre confrère.

Un train part de Pointe-Noire à 18 h. Il arrive à la gare de Yanga distante de 63 Km, à 20 h45 mn. A quelle vitesse moyenne circulait ce train ?

Autrement dit, et cette fois-ci à l’attention des écoliers du CP, le même énoncé : un train parcourt 63 km en 2h45 mn. A quelle vitesse horaire moyenne circulait-il ?

Réponse de nos amis de « La Semaine Africaine » : il « roulait à vive allure, depuis le départ du train ».

Réponse de Mvouba : il roulait à une " vitesse excessive ".

Réponse de l’écolier : 23 Km/h environ (1)

Question : sauf si on nous explique que M. Miyalou Moungondo le conducteur s'était endormi en rase campagne sans qu'aucun passager ne s'en rende compte, par quel mystère, sur une ligne de chemin de fer " pourrie " telle que celle-là, en n'ayant même pas observé certains arrêts (selon notre confrère), notre train a-t-il pu circuler à « vive allure » ou à une « vitesse excessive », tout en ne parcourant que 63 Km en presque 3 heures ?… A cette « vive allure » le train aurait mis au moins 20 h pour atteindre Brazzaville !

Quelque chose ne colle pas dans cette version des faits qu'on sert aux Congolais. A moins qu'il y ait confusion, car dans l'histoire les seuls qu'on soupçonnerait d'être intervenu avec une " vitesse excessive " ce sont les secours : ils ont mis 5 ou 6 h, selon les témoignages, pour arriver sur les lieux de la catastrophe. Un vrai record de vitesse, à comparer avec celui battu par les autorités qui n'ont daigné communiquer officiellement sur l'accident que le mardi 22 juin après-midi, soit 20 h après !

Autre question idiote : sur la base de quels éléments objectifs M. Mvouba étaye-t-il ses accusations de « vitesse excessive » et d’état d’ « ébriété » du conducteur ? Aurait-il fait pratiquer un test d’alcoolémie à ce dernier dans la nuit de l’accident ?

De toute façon, même dans l’hypothèse où le conducteur aurait prétendument dépassé la vitesse autorisée, la responsabilité de l'employeur qui laisserait les trains voyageurs circuler dans des conditions aussi irrégulières resterait entière. De plus, s’il est prouvé une première faute de sécurité du conducteur qui aurait raté son point d'arrêt habituel à la première gare, il se poserait la question de savoir pourquoi l'agent de circulation a-t-il autorisé le départ de ce train, vu le comportement du conducteur qui mettait déjà en danger ses passagers. On peut donc à bon droit s'interroger sur les conditions de sécurité des trains sur le CFCO.

Quoiqu'il en soit, à notre connaissance le sieur Mvouba n’a pas eu à répondre à de telles questions. Peut-être les journalistes congolais présents à la conférence de presse, trop polis, ne les lui ont pas posées. On respecte les chefs chez nous, même quand il y a des cadavres...

Etroubéka

(1) Même en imaginant qu’il y ait eu de longs arrêts sur le parcours (au contraire, on nous dit que le conducteur n'en a pas observés certains !) il est difficile d’imaginer « une vitesse excessive » du train quand après 2h45 il n'est qu'à 63 km de son point de départ ! Encore faut-il savoir ce qu'on entend par " vitesse excessive " dans le langage de la CFCO ! 25 Km/h, une " vitesse excessive " ?





































































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Yannick

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CONCLUSION D'ENQUETE APRES L'ACCIDENT FERROVIERE

Vraiment étonnant surtout lorsque l'on sait que le train de la guinée roule à plus de 20km/h. Je me demande toujours si ces secours, étaient arrivés en hélico ? Parce que en 5h de temps , c'est miraculeux ! N'est ce pas ?
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